Ce matin, dans un laboratoire d'analyses médicales, mes yeux vagabondaient au gré d'une décoration minimaliste (comprendre : inexistante) et une affiche m'a arrêtée.
« Bilans sans ordonnance » : thyroïde, fatigue, ménopause, avec les tarifs clairement indiqués.
Alors, autant vous le dire tout de suite : ce n'est pas cette affiche qui pose problème. C'est ce qu'on en fait ensuite.
Trois bilans, trois promesses de clarté
Thyroïde (16€) — TSH.
La thyroïde régule le métabolisme : énergie, poids, transit, humeur, thermorégulation. Une TSH normale confirme que l'axe de régulation fonctionne, mais ne garantit pas que la conversion T4→T3 se fait correctement en aval — une valeur que ce dosage seul ne peut pas voir.
Fatigue (25€) — NFS + ferritine + TSH.
La NFS objective une anémie, la ferritine les réserves en fer, la TSH une origine thyroïdienne. Un bon premier tri au demeurant, sur les causes les plus fréquentes. Mais vitamine D, B12, glycémie, inflammation (CRP), sommeil ne sont pas inclus — et ont beaucoup à dire sur le champ exploratoire d'un état de fatigue signifiant.
Ménopause (34€) — FSH + œstradiol.
La FSH est l'hormone qui stimule les ovaires ; quand leur activité décline, elle augmente en compensation — c'est ce que le dosage capte. Sauf qu'en périménopause, la FSH et l'œstradiol fluctuent fortement d'un cycle à l'autre, parfois d'un jour à l'autre.
Une prise de sang isolée est une photo. Elle ne raconte pas le film.
Bref
Fatigue, prise de poids, sommeil en vrac, irritabilité… ces symptômes se chevauchent parfois tous. Et un seul chiffre ne suffit jamais à trancher seul.
Alors, on vous a déjà dit « tout est normal, c'est le stress, Madame » ? Et si le vrai problème n'était pas votre stress, mais la façon dont on a lu vos résultats ?
Ce que ces bilans ne sont pas
Ces bilans ne sont pas « faux ». Ils sont juste incomplets dans le cadre d'une périménopause.
Elle ne se lit jamais sur un seul chiffre. Elle se comprend en croisant plusieurs marqueurs contextualisés — et surtout les symptômes ressentis sur la durée.
Un chiffre normal est une donnée, pas une conclusion.
Pourquoi c'est important
Ce n'est pas un détail de biologiste. C'est une question de reconnaissance.
Quand une femme sort d'un rendez-vous avec un résultat « normal » et une phrase qui la renvoie à elle-même, elle sort convaincue que ce qu'elle vit n'existe pas vraiment. Elle rentre chez elle avec la même fatigue, le même sommeil en vrac — et en plus, le sentiment de l'avoir imaginé.
C'est précisément cet angle-mort que je travaille avec les femmes que j'accompagne à Évreux et en visio : ne pas s'arrêter au chiffre, mais reconstituer le film — croiser les marqueurs biologiques avec ce qui se joue dans le quotidien, le corps, les émotions, la cognition.
Si on ne vous écoute pas, une liste recensant les professionnels formés à la péri&ménopause existe au national. Écrivez-moi, je vous la transmets.
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